LA CLAIRIÈRE

Four wheels move the body, two wheels move the soul.

Au Portugal, l’été est torride.
Pour apaiser cette torpeur enivrante, j’ai enfourché une moto et sous sommes partis tous les deux dans la Serra da Estrela (la montagne de l'Étoile).
Sur la route sinueuse entre les arbres, tandis que le soleil décline, notre émerveillement est décuplé par l’odeur des eucalyptus, ce mélange de camphre et d’épices.
A travers son casque ma blonde passagère me crie « prends à droite » de son ton enjoué et toujours excité. Je m’exécute en nous aventurant dans un chemin irrégulier, où chaque secousse fait vibrer nos corps l’un contre l’autre.
Les sentiers de terre se succèdent, et, au fur et à mesure que la végétation se resserre sur nous comme une étreinte possessive.. la fraîcheur apparaît, effleurant notre peau moite d’une brise complice.

Jardin d’Eden

Elle a surgi comme un jardin d’éden : une de ces apparitions miraculeuses.
Dans la lumière déclinante d’Hélios, mon Aphrodite jette un énorme plaid en lin tandis que j’ouvre la première bouteille d’un blanc frais bien beurré .. Il ira parfaitement avec le tartare de Thon à la mangue cuisiné la veille.
Les bouteilles s’enchainent autour de discussions métaphysiques, nos mains se mélangent, nos paroles sont entrecoupées de baisers volés.. Nos vêtements s’échappent peu à peu.  A moitié nus au coeur de la foret j’attrape la bouteille d’huile prodigieuse, ton corps pailleté répond à Ra dans un de ces couchers sans fin, éternel solstice.
Mes mains te caressent délicieusement avant de te pétrir avec une force maîtrisée.. Mes pouces s’enfoncent dans ton dos à la lueur du soleil couchant.
Tu grondes ton plaisir.. gémissante..
Femme.
Nue, abandonnée, tu accueilles mes mains.. Mes pouces te fouillent, te cherchent, glissent, reviennent s’enfoncent en toi à l’unissons dans une danse douce et ferme à la fois. Saisissant tes poils d’une main, l’autre pilonnant ton sexe, ton corps est entièrement ouvert à mon désir.
Tu exaltes, te cambre, giclant dans des jet dorés irradiant de plaisir mon torse et mon visage.
Je te bois dans un extase incontrôlé.
Allongés sur le dos, repus de plaisir, la lune nous regarde du coin de son croissant montant.

Au coin du feu

J’attrape un verre de Brouilly non sans l’idée d’emboiter nos deux corps après cette pause.
Dans l’interminable soleil couchant de juillet, j’allume un feu.
Emboités comme deux cuillers, ma queue débordante de désir cherche ta fente