LE DÉSERT
La Tente
Au sud de Zagora, perdue dans l’immensité des dunes, notre tente caïdale noire et blanche se détache du bleu pétrole de la nuit tombante.
Les derniers rayons rasants traversent les étoffes, caressent les dizaines de tapis colorés et cèdent peu à peu la place à la chaleur douce des lampes à pétrole.
Indolence.
Le parfum du tagine berbère s’efface devant l’encens. Nous nous affalons dans les coussins voluptueux, nos corps s’y enfoncent face à la lune croissante.
Ta djellaba immaculée glisse sous mes doigts comme une invitation raffinée.
La dentelle blanche claque contre ton corps de miel. Mes mains s’abattent sur ta peau, fermes et bienveillantes. Tu te cambres face à l’astre, un clin d’œil sensuel et malicieux.
Mon corps s’écrase sur le tien ; nous disparaissons dans les coussins.
Tu grondes ta sensualité.
En quelques instants nous sommes nus, caressés par les velours et les satins multicolores, sous le regard gracieux de la nuit.
Durant de longues minutes, sous des baisers fiévreux, nos sexes fébriles se cherchent, se frôlent, se refusent encore… jusqu’à se rencontrer enfin.
Comme une décharge électrique.
Tout s’arrête.
Le silence du désert.
Nos regards restent suspendus à nos lèvres. Interminables.
Enfouis
J’entre enfin en toi.
Tu m’accueilles, radieuse, offerte.
Ma queue de marbre glisse en toi, onctueuse, comme si nos sexes avaient été moulés l’un pour l’autre. Tu trembles, tes yeux se révulsent lorsque j’atteins le fond.
Je cogne lentement dans ton ventre. Tu grognes plus fort dans le soupir de l’immensité.
Nous sommes seuls au monde.
Sans prévenir, tu te retournes et me tends tes fesses. J’obéis.
Tu te cambres au rythme de mes va-et-vient, ma queue frottant l’arrière de ton clitoris.
Je sens ton orgasme monter. Accroupi, je plonge en toi.
Tu deviens folle.
J’aime te rendre folle.
Tu attrapes une pochette de soie noire d’où sort un plug en verre bleu azur : la forme parfaite. Ton visage illuminé se tourne vers moi.
Une fois huilé, je joue avec. Il s’enfonce silencieusement, à la cadence de mes reins.
Le frottement du jouet me rend dingue, durcit encore mon érection de statue et décuple ton plaisir.
Au sommet, la fleur d’oranger se mêle à nos odeurs. Je vais exploser.
Mes pleines mains écartent tes fesses pour mieux voir ton corps offert. Tu observes du coin de l’oeil mon plaisir désinhibé.
Je retire le plug : je veux te goûter tout entière.
il est brûlant dans ma bouche. Je le remet et je joue avec pendant que ma queue continue à pousser en toi
Le plaisir n’a pas de limite.
Tu chuchottes : “plus fort”
Je m’accroche au jouet , fondant en toi plus fort encore
Irrepressible.
Je craque : mon premier jet explose enfin!
irrémédiable, bouillonnant : il t’électrise.
Tes parois se resserrent, amplifient mon orgasme et déclenchent immédiatement le tien.
Tu jouis avec moi, lumineuse Reine de Saba.
Dans un plaisir radieux et ineffable.
Unis dans ce plaisir démesuré, nos bouches haletantes se retrouvent enfin.